Manger est un sentiment

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Ce n’est un secret pour personne autour de moi : j’ai un rapport à la nourriture très ambivalent. Quand je mange, c’est ma connexion au monde que je célèbre dans une quête insatiable de découvertes et de nouveautés. Manger est pour moi un mode d’expression aussi efficace que l’écriture ou la parole, une ode au partage et à la convivialité, un hymne à la civilisation, une revendication existentielle mais aussi sociale : je mange donc j’existe, pour les autres et aussi pour moi même. J’ai bien conscience qu’en me livrant ainsi j’offre sur un plateau de quoi « alimenter » une interprétation psychanalytique de ma personne : tant pis, j’assume. Les aliments sont des supports de sensorialité au même titre que les parfums ou les objets,  ils sont sources d’émotion et ce n’est pas un  hasard si j’ai accédé à l’expérience client par les études sensorielles. La où je suis ambivalente, c’est que mon obsession à identifier ce qui me fait vraiment plaisir se confronte à ma tendance au contrôle et aboutit parfois à une absence de choix. En d’autres termes, l’anticipation -voire l’idée- de l’expérience de plaisir suffit à me nourrir, l’avantage étant qu’une idée c’est 0 calorie.  Qu’on se rassure, il m’arrive régulièrement de céder, la plupart du temps sans culpabilité aucune.

Je traque avec ferveur tout ce qui touche aux nouveautés gastronomiques et aux innovations culinaires, le marché du dimanche ou une conférence sur le sujet me transporte aussi surement qu’une petite musique de Mozart : qu’on me mette entre les mains un bon livre de cuisine et je m’apaise comme un nourisson repu. L’actualité alimentaire de l’automne étant particulièrement riche, voici en vrac quelques news à consommer sans modération :

-Le livre ‘la couleur des aliments’ Ed Lavoisier, collectif d’auteurs auquel j’ai contribué avec Agnes Giboreau va sortir en Décembre. Au sommaire des tas d’articles passionnants parmi lesquels le notre sur le marketing sensoriel des produits alimentaires.

-Autre sortie remarquable, celle du Premier ouvrage écrit par l’Institut Paul Bocuse : l’art de recevoir à la française, pour tout connaitre des rites et des symboles qui font du repas gastronomique français une expérience unique en son genre.

-L’IEHCA organise sa conférence annuelle les 25 et 26 novembre sur le thème du savoir et des transmissions culinaires : orateurs triés sur le volet et sujets passionnants

-L’événement fooding de l’année se déroule a Tours les 18 et 19 novembre. Il s’agit d’Euro Gusto, la biennale Européenne du gout, de la biodiversité et des cultures alimentaires, évènement organisé par Slow Food. Au programme des dégustations et des découvertes parmi lesquelles celles de la cuisine de Eric Sapet de la Petite Maison de Cucuron dans le Lubéron, de Patrick Gelbart du Verre Volé, de Raquel Carena du Baratin et de Inaki Aizpitarte du Chateaubriand. L’occasion aussi de déguster sans arrière pensée des curiosités aussi rares que délicieuses que la ventrêche de Porc Noir de Bigorre, le petit épautre de Provence , la pompia de Sardaigne -mon pêché mignon-, les haricots de Smylan, le rancio sec du Roussillon, le sbrinz d’Alpage…. :deux journées de pure extase gustative -mais pas régressive-. Si vous voulez, on s’y retrouve car j’irai pour faire mes courses mais aussi le plein de saveurs et d’émotions.

Bon Appetit !

Laurence

 

 

 

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