Mama Shelter, une expérience qui tient ses promesses

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Mama Shelter vous connaissez ? C’est le dernier concept d’hotel crée par Serge Trigano et designé par Philippe Starck. Deux ans après son ouverture il connait un véritable succès et a été élu Meilleur hotel d’affaire 2009 et 2010.

A mi chemin entre l’auberge de jeunesse et le spot branché il affiche un positionnement assumé de lieu de vie convivial et cosmopolite. Si l’on est loin de l’utopie démocratique à l’origine du Club Med, les concepteurs promettent une expérience inattendue, faite de plaisirs partagés et de multiples surprises. Ici, le mot d’ordre est la gentillesse et le signe particulier une attention maniaque portée à tous les détails de l’expérience. Pour découvrir les secrets de cette réussite, suivez le guide pour la visite commentée des dimensions de l’expérience Mama Shelter.

La dimension sensorielle est avec la dimension sociale la plus présente dans le mix expérientiel. Si l’ensemble fait penser à un joyeux capharnaüm, rien n’est laissé au hasard à commencer par les 5 facettes de l’identité sensorielle :

L’identité olfactive

Le parfum aux notes de vanille dans le lobby et les couloirs, l’odeur de pizza dans le restaurant les produits Kielhs dans la salle de bain

Les miniatures Kielh’s dans la salle de bain

L’identité gustative

Les plats à partager inspirés de la cuisine française – carte signée Senderens-, les cocktails maison, la pizza Mama Shelter, le petit dejeuner avec du pain Poilane et du beurre d’Echiré, les bonbons Haribo quand on a un coup de blues.

L’identité sonore

Une play list très chansons françaises, une sélection de concerts off dans les arrondissements limitrophes – y compris à la Fleche d’Or, pile en face de l’hotel- et des évènements live et DJ set.

Une Mama DeLuxe

L’identité visuelle

Des éclairages indirects grâce aux nombreuses lampes disposées sur les tables et dans les chambres, des LEDS à détection automatique dans les couloirs, un clair obscur savamment travaillé dans tout l’hotel, des revêtements très contrastés – béton brut, moquette noire, tissus imprimés…

L’identité tactile

Des mélanges de matières – osier, velours, plastique, métal…, une literie 5 étoiles – sur matelas, couette et draps en coton satiné

La moquette des chambres

La dimension émotionnelle

Elle est au coeur de la proposition de valeur et c’est le personnel qui la porte presque intégralement : authentiquement gentil et disponible, attentionné à un point inhabituel pour Paris. On sent une équipe soudée qui s’amuse dont le turnover est très faible. A noter aussi les IMac 24 pouces dans chaque chambre avec connection WIFI et catalogue VOD gratuits, les baby foots pour les championnats improvisés et les vitrines pleines de choses amusantes à rapporter à la maison

Des masques pour les garçons

La dimension cognitive

Portée par un storytelling très imaginatif, c’est une narration complexe qui s’écrit sur les murs, aux plafonds, sur le miroirs, sur les moquettes et qui stimule notre intelligence au fil de la visite. Tous les supports sont bons pour écrire cette histoire pleine de poésie et souvent drôle. A disposition des clients, journaux, polars, BD, ouvrages d’art et de déco… le tout empilé dans un désordre apparent.

La dimension sociale

Partage des repas, échange de bons plans sur post its, concours de photos, la promesse de convivialité est véritablement tenue : c’est elle qui est le piler de la fidélisation même si on peut regretter une quasi absence sur les réseaux sociaux. Mais se voir en vrai, c’est aussi bien , non ?

Mama Shelter, 109 rue de Bagnolet, 75020 Tel 01 43 48 48 48
Laurence

Prochain billet : L’expérience client, le nouveau paradigme du marketing

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Il est 1 commentaire

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  1. MICHAUD

    Bonjour,
    Votre article sur l’hôtel MAMA SHELTER est intéressant mais il me semble que vous ne touchez pas l’essentiel en ce qui le concerne. En tant que Consultant-Formateur et connaissant bien cet établissement je crois que vous mettez trop l’accent sur le décorum et les éléments sensoriels. Certes, vous avez raison dans vos descriptions et j’adhère à vos analyses. Mais, il me semble qu’il faut surtout signifier que cet hôtel est en rupture totale avec les aspects conventionnels et les traditions hôtelières. Oui, c’est par la rupture et l’autorisation que se pense ce concept. En effet, l’aspect « coquin » est là ! Les vitrines n’affichent pas des produits standardisés, les films à la disposition des clients (et gratuit) auraient de quoi surprendre les plus puritains. Le personnel est en jean et en tee-shirt, les tatouages ne sont pas interdits, on voit justement que cet établissement crée et veut créer une séparation et introduire une adaptation à nos modes de vie. Cet hôtel revendique son aspect atypique et décalé et recherche à trouver ce qu’on ne trouve plus ou peu dans la société ; les échanges, la gentillesse, une certaine liberté consommatoire et un regard décomplexé sur l’intimité des clients. Bref, je pourrai évoquer longuement ce lieu et faire référence à la psychologie du lieu, il y a tant à dire. Dans le même temps, c’est aussi un hôtel où l’on ressent la contradiction : dans le hall, les ordinateurs APPLE en consultation libre, tout est inconfortable, on est assis sur des tabourets, juste devant l’ascenseur, probablement pour ne pas occuper trop longtemps les ordinateurs… Cet hôtel s’autorise ce que d’autres ont toujours combattus, sa réussite est là, dans le fait de contrarier des pensées touristiques conventionnelles.


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