Lost in transition

ouisharefest 15

 

Quel est le lien entre les fab labs des makers, la consommation collaborative, le financement participatif et les plateformes crowdsourcées ?  Quelle place ces mouvements occupent-ils à l’heure où AirBnB et Uber sont accusés de position hégémonique ? Comment les entreprises de la vieille économie peuvent elles s’en inspirer pour prendre le virage de la transition et guider leur transformation ? Pour en savoir plus, je suis retournée au Ouishare Fest qui se déroulait sous la tente magique du Cabaret sauvage du 20 au 22 mai dernier.

cabaret sauvage

Blablacar, Guest to guest, Kiss Kiss Bank Bank, Lending Club, la Louve…au delà de leurs différences, ce qui rassemble les acteurs de ces différents mouvements est leur mode de gouvernance, plus partagé et souvent plus équitable. Ils ouvrent la voie à un nouveau projet de société délibérément positif et inclusif qui inscrit l’innovation et le progrès technologique dans un cadre plus social, plus respectueux des hommes et de leur écosystème. Ils représentent une nouvelle vision du monde moins doctrinaire et plus créatif qui incarne la transition d’une économie basée sur la propriété à une économie basée sur l’usage et le partage.

L’année dernière, Castorama avait occupé le devant de la scène en annoncant  son entrée dans l’économie collaborative avec la création d’un wiki parmi une dizaine d’initiatives. Cette année c’est au tour de la MAIF de revendiquer d’étre le partenaire de référence de l’économie collaborative.  Rien de très nouveau cependant pour le 4ème assureur français qui se décrit comme une start up fondée en 1934, une communauté de gens qui se sont rassemblés pour mutualiser les risques. Son soutien au OuishareFest est né de son besoin de se faire challenger par les startups, de reprendre de l’horizontalité, de la simplicité, de l’agilité. Pour cela, elle a mis en place en janvier dernier une équipe consacrée à l’économie collaborative et aux pratiques émergentes, avec à sa tete Thomas Ollivier qui a pour mission de faciliter et de développer les liens avec les acteurs de ces mouvements. Et elle s’apprête à lancer un fonds d’investissement doté de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Car ses dirigeants n’entendent pas se laisser dépasser par cette vague qui rebat les cartes, et concerne potentiellement, à un titre ou un autre, tous les acteurs de la vieille économie. Si la menace semble plus évidente pour un Accor face à Airbnb ou encore pour la SNCF face à BlaBlaCar, l’assurance n’est pas à l’abri de profonds bouleversements.

Pascal Demurger le patron de la MAIF témoignait de ses préoccupations et de son engagement dans une interview accordée à la Tribune le 22 mai :

Toutes les grandes entreprises, je pense, sont conscientes qu’il se passe quelque chose, que des ruptures sont en coursMais il est difficile de savoir quelles formes ces ruptures vont prendre et à quel rythme. 

Les modalités d’hébergement peuvent évoluer, mais le besoin d’hébergement, lui, existera toujours. Demain, en revanche, le besoin d’assurance pourrait être pris en charge différemment, par de nouveaux acteurs », reconnaît-il, évoquant aussi bien l’hypothèse d’une entrée en scène d’un Google que des initiatives, encore embryonnaires, d’assurance communautaire.

Ce n’est pas facile de se préparer à cette évolution, y compris intellectuellement,ajoute-il. À titre personnel, je pense que cela fait partie de la responsabilité du dirigeant, mais il faut reconnaître qu’au quotidien, nous sommes absorbés par l’opérationnel. De plus, nous n’appartenons pas à la génération des digital natives et ne sommes pas nécessairement équipés du bon logiciel pour tout comprendre de la technologie ni même des ruptures sociologiques en cours. 

En dehors de cette proximité de valeurs, pourquoi un tel engouement pour l’économie collaborative ? « Avant d’être un assureur, nous sommes une communauté de trois millions de sociétaires, rassemblés par un sentiment de fidélité, de confiance, voire d’appartenanceEt l’économie collaborative nous permet de renforcer ce trait identitaire. »

Alors, êtes vous vous aussi Lost in Transition ?

Si oui, pas de panique, c’est normal et ca va passer 😉

Laurence

Mots clefs : , , ,