Le bonheur est dans le lien

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Quel rapport y a-t-il entre l’économie collaborative et le commerce de détail ? A priori les deux mondes s’opposent : d’un coté l’ouverture, la transparence, le partage,le focus sur l’usage et la culture de l’inclusion sur un mode non hiérarchique et  de l’autre un modèle basé la distribution de biens, un management très descendant, une organisation centralisée et pyramidale et une approche des marchés encore très marquée par la dimension métier. Les enjeux liés à ce mouvement sont pourtant de taille et de nature à inspirer de grands groupes dans leurs projets stratégiques de transformation.

Pour preuve cette étude réalisée par l’Ifop en mars 2014 (Source les Echos du 6 mai 2014) qui révèle que la consommation collaborative a véritablement le vent en poupe : si un quart seulement des Français ont déjà entendu parler d’économie collaborative, plus de sept personnes sur dix en sont adeptes.

  • 77% d’entre elles ont en effet déjà acheté ou loué des biens auprès de particuliers sur Internet, et 23% acheté ou loué des services.
  • 71% ont déjà vendu ou loué des biens ou des services à d’autres particuliers sur Internet.
  • 74% considèrent que la consommation collaborative est réellement avantageuse en matière de pouvoir d’achat, qu’elle incarne l’image d’un système économique de proximité (72% ).

« L’économie collaborative repose sur le prêt, le don, l’échange, la location et la vente de biens d’occasion. Le principe est fondamentalement simple : l’usage d’un bien prime sur sa propriété ». Pour les acteurs de ce nouveau mouvement, il s’agit bien d’une « mutation de long terme ». Le phénomène n’est certes pas nouveau mais les développements technologiques de ces dernières années ont permis d’industrialiser le phénomène. La spécialiste américaine de l’économie collaborative Rachel Botsman évalue le marché, aujourd’hui, à 26 milliards de dollars.

De là à imaginer de nouveaux business models, il n’y a qu’un pas que des industriels comme Renault, Auchan ou Avis ont déjà franchi avec leur partenariat avec Ouicar ou Quirky ou le rachat de Zipcar.

Début mai, je suis allée au OuiShareFest -qui avait lieu au Cabaret Sauvage pour comprendre comment l’économie collaborative  pouvait influencer le commerce dans ses évolutions : beaucoup de start ups étaient présentes, certaines très connues comme BlaBlaCar (anciennement covoiturage.fr) ou la RucheQuiDitOui et d’autres plus récentes comme KissKissBankBank une plateforme de financement participatif. C’est la présence de Castorama comme partenaire de l’événement qui pour moi a été le signal que les choses sont en train de bouger : acteur historique du DIY en France et n°2 en France, Castorama s’est engagé dans la consommation collaborative, le partage et le mouvement des makers pour se renouveler en profondeur et construire une communauté autour de ses clients historiques, les bricoleurs.

Voici quelques extraits (traduits de l’anglais) de la keynote présentée par Véronique Laury, la CEO de l’enseigne en France que j’ai personnellement trouvée très inspirante :

« Notre but chez Castorama, c’est de passer du métier de retailer à celui d’entreprise centrée sur l’amélioration de la maison. : cela va nous apporter beaucoup, à nous et à nos clients. Il existe un monde dont nous ne connaissons rien, qui n’est pas dans notre ADN : notre ADN est de vendre des choses aux gens. Le challenge aujourd’hui est de passer d’une société de consommation à une société collaborative basée sur le partage : il s’agit de devenir une entreprise plus humaine, ou des humains s’adressent à des humains.

La stratégie collaborative va impacter toute la stratégie de l’entreprise. Nous sommes passés à coté de la première révolution internet qui a bouleversé le secteur du commerce  : nous n’allons pas passer à coté de la seconde. Il ne s’agit pas pour nous de copier Amazon  mais Castorama ne sera plus jamais une entreprise transactionnelle. Nos collaborateurs ont besoin de plus de passion : notre but est d’aider les gens à améliorer leur maison. Généralement les retailers ne sont pas aimés car ils sont à l’origine de la création de ce nouveau prolétariat, ils font de l’argent sur le dos des autres.

Pour etre une entreprise centrée sur l’amélioration de la maison, il s’agit de rassembler tout le monde et de faire monter les compétences de chacun, de passer d’un modèle de distribution à un modèle d’amélioration de la maison. Nous devons être plus transparents et accompagner cette révolution de la collaboration. Nous devons faire évoluer notre point de vue et passer du marché à l’écosystème : aider, faciliter le partage, les interactions, la connaissance, partager ce que tous ont expérimenté.

250 managers sont allés chez les leurs clients, dans leurs maisons : aimez vous votre maison ? que voudriez vous améliorer ? Les gens leur ont ouvert les portes avec plaisir et étaient heureux de partager.

Nous devons faciliter l’apprentissage et changer. Castorama doit radicalement changer.

Comment ? En construisant un ecosystème qui permette à chacun de s’impliquer, les parties prenantes comme les collaborateurs. Nous allons construire une road map car si on veut devenir leader, nous allons devoir partager.

1ère initiative : mettre en place un wiki
2ème initiative : apprendre des start ups. Les trc’heures ont été un échec car nous n’avons pas impliqué les collaborateurs. Nous devons relancer notre stratégie de social media
3ème initiative : à l’instar de Uber, créer une platefrome pourmettre en relation des offreurs et des gens qui veulent améliorer leur habitat
4ème initiative : développer les barcamps, des espaces ouverts où on peut échanger ses sujets et ses idées pour développer ou tester un projet
5ème initiative : mettre en œuvre des MOOCS
6ème inititative : encourager l’innovation ouverte
7ème initiative : lancer le SAV en 3D pour réparer soi meme sa machine, maintenant et dans 25 ans

Une utopie ?

Pas vraiment : il existe en Suède une Quincaillerie Malmo Hardwarestore qui a innové avec un nouveau service baptisé ToolPool qui consiste à permettre à ses clients d’emprunter gratuitement via Facebook de gros outils de bricolage : en venant chercher leur outil, ils en profitent pour acheter de la peinture, des vis..!

Le meilleur moyen de prédire le futur est de l’inventer : let’s do it !

Pour voir la conférence de Véronique en entier, c’est ici

Laurence

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  1. Call Center Madagascar

    Les réseaux sociaux regroupent des amis de la vie réelle, tandis que d’autres aident à se créer un cercle d’amis, à trouver des partenaires commerciaux, un emploi ou autres. Il s’agit de services de réseautage social. Certains réseaux sociaux se concentrent sur la découverte et le partage de contenu. Il y en a même ceux qui peuvent être même considérés comme de supers-agendas alliant techno et vie réelle sur lesquels peuvent être planifiés et organisés un emploi du temps partagé en mode « public » ou « privé » entre tous les membres.


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