East London calling

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Cette année encore, le secteur du e-commerce a enregistré une croissance record, avoisinant les 65 milliards d’euros pour le seul marché français. Aujourd’hui, nous sommes près de 70% de consommateurs à effectuer fréquemment des achats à distance par Internet, catalogue ou téléphone, une preuve s’il en est que le commerce est loin d’être moribond. Le chiffre d’affaire global réalisé en ligne augmente de façon ininterrompue, et les dépenses moyennes annuelles suivent la même tendance, installant définitivement l’e-commerce dans le paysage du retail.marché du e commerce 2015Par ailleurs, on constate que le panier moyen de l’internaute ne fait que diminuer, confirmant que les consommateurs français ont largement intégré ce nouveau mode de consommation à leurs pratiques habituelles, et que l’e-commerce gagne du terrain sur le magasin traditionnel. Si l’on ajoute à ces évolutions l’explosion du poids du mobile dans nos vies et sa part toujours grandissante dans les transactions en ligne, on comprend pourquoi beaucoup prédisent la mort du commerce tel qu’on le connaît au profit du tout digital.

Le magasin est-il en passe de disparaître, bientôt remplacé par des boutiques en ligne et des services drive ?

Il n’est est rien ! S’il est vrai que l’on peut aujourd’hui trouver en ligne plus de choix et des prix plus bas qu’en boutique, que se rendre en magasin représente un effort, le retail “classique” n’est pas mort pour autant. Il se porte même bien, et se réinvente pour répondre à cette nouvelle conjoncture : les enseignes s’efforcent de concevoir des expériences distinctives, plus engageantes et mémorables pour inciter les clients à se déplacer en magasin.

Pour vous en convaincre, voici un tour d’horizon des nouvelles tendances retail qui consacrent  le renouveau du magasin physique :

Le retour à la taille humaine

Après des décennies passées à développer des hypermarchés et des centres commerciaux, les enseignes reviennent aujourd’hui vers un modèle réduit, plus accessible et plus “humain”. En effet, après avoir annoncé la mort du commerce de proximité au profit des grandes surfaces, le voici qui renait de ses cendres. Pour se rapprocher de leurs clients et réintroduire une dimension plus humaine dans l’expérience d’achat, les enseignes privilégient des magasins de taille réduite, installés au coeur des villes. On voit ainsi se multiplier des magasins de quartiers et des versions miniatures des grands distributeurs : Carrefour Market, Monop’, Décathlon, … sont des exemples probants de ce retour à la taille humaine. A noter aussi, le come back de l’épicerie de papa : débarrassée de la caisse enregistreuse et des rayons surchargés, elle la joue bio et local avec en prime le tablier bleu comme à la Maison Plisson. 

Des points de vente hybrides

Une autre tendance de fond est celle des points de vente multi-fonctions. Les boutiques abritant également un café fleurissent dans les quartiers « hype » de Paris, et de plus en plus de restaurants proposent aussi une épicerie où l’on peut acheter les produits utilisés pour élaborer les plats qu’on vient de déguster. Chez Barber & Parlour, à Londres, on peut bruncher avec ses amis puis acheter des objets de déco avant d’aller se faire couper les cheveux pour enfin aller regarder un film dans la salle de cinéma aménagée en sous-sol de la boutique. Ces lieux “tout-en-un”  permettent de partager une expérience singulière et riche avec un sentiment d’être comme chez soi. Certains points de vente, comme la boutique londonienne Rough Trade, ou l’hotel Ace disposent d’un photomaton grâce auquel on peut immortaliser son passage

barbour and parlourDes lieux de vie et de lien social

Dans la lignée de l’hybridation, les points de vente deviennent des lieux d’échange et de partage autour d’activités organisées par les collaborateurs eux memes. Les magasins Lululemon organisent des cours de yoga dans leurs boutiques auxquels sont conviés les clients et quiconque souhaiterait participer. Ces événements sont l’occasion pour les clients potentiels de tester les produits en situation et de créer un lien émotionnel avec la marque, qui revêt ainsi un visage humain. A la Maison Plisson, on peut participer à des animations, déguster des produits..

Le collaboratif

Enfin, alors qu’on croyait l’individualisme fermement ancré dans nos comportements, les concepts collaboratifs ont le vent en poupe. Les boutiques de troc ou d’emprunt s’implantent dans les grandes villes, comme le Leila Borrowing Shop à Berlin qui met à disposition ses produits pour un usage ponctuel. Paris a récemment accueilli sa première boutique sans argent, reposant uniquement sur l’économie du don, et verra sa première co-op ouvrir cette année. En effet, le projet de la coopérative la Louve, librement inspirée du modèle des co-ops américaines comme la Park Slope Food Cop, a rencontré un écho inattendu et ouvrira donc sous peu le premier supermarché collaboratif et participatif de la capitale. Ces points de vente à contre-courant proposent une expérience engagée en réintroduisant du lien social et du sens dans l’acte d’achat.

Le magasin physique n’est donc pas mort, il doit simplement se réinventer pour s’adapter aux nouvelles règles du jeu : les clients doivent y trouver un intérêt, venir y vivre des expériences et repartir avec davantage que des produits. Aux retailers d’inventer les expériences de demain qui feront préférer leur point de vente à leur version digitale.

Enfin de découvrir ces nouveaux lieux du commerce ?

Rejoignez nous pour des safaris retails inédits  :

dans l’East end londonien le 10 juin et dans les nouveaux quartiers cools de Paris le 17 juin

Pour en savoir plus c’est ici

Happy Easter !

Laurence

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